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7 signes concrets qu’il est temps de pivoter

L annee du pivot
Il y a quelques jours, j’ai eu une conversation assez forte avec une dirigeante de PME. Elle semblait un peu désabusée.Elle me dit : « On va pas mal, hein. On a des clients, le business est là, le métier tourne. Mais je sens un truc… je sais pas, ça coince. C’est comme si on plafonnait. Ça fait des mois que j’essaye de percer ce plafond mais je n’y arrive pas. »

Je lui demande alors depuis combien de temps la boîte « plafonne ». Elle me répond : « Je dirais 1 an ou 2. [Silence]… En fait, ça fait 4 ans qu’on tente mais qu’on n’arrive pas à aller plus haut. »

Alors on creuse.

Sur le papier, tout est là : activité stable, notoriété, aucun plan social. Mais sous la surface, c’est plus fragile :

  • Marges qui rétrécissent d’année en année.
  • Projets internes repoussés ou annulés.
  • Turn-over qui grimpe.
  • Et surtout… plus de vraie croissance.

Elle me dit : « On fait le dos rond. Je booste les équipes. On espère que ça reparte, mais je risque de les perdre. »

Je lui pose alors une question anodine :
« Depuis combien de temps as-tu le même modèle économique ? »

[Silence]. Elle réfléchit. « Franchement… depuis qu’on s’est lancés. Ça fait 18 ans. On a lancé de nouvelles offres, mais les fondamentaux n’ont pas changé. »

Le sujet, ce n’est pas l’état de santé. C’est la position stratégique.

Ce n’est pas une entreprise en crise. C’est une entreprise en plateau prolongé. Le vrai danger : croire que « ça tient », alors que ça tient juste encore un peu.

Les vraies questions :

  • Est-ce que vous êtes en stratégie offensive ou défensive ?
  • Subissez-vous votre modèle, ou crée-t-il encore des leviers de croissance ?
  • Pouvez-vous investir, innover, expérimenter ? Ou faites-vous chaque mois des arbitrages cachés pour juste “tenir” ?

Changer ou pivoter ? Ce n’est pas le même combat.

Les entreprises viennent de passer 15 ans de transformation digitale et managériale. Transformer, c’est améliorer l’existant.

Pivoter, c’est changer l’angle de vue.
C’est remettre en question un fondement qui entraîne tout le reste.
C’est un saut en parachute. On ne remonte pas dans l’avion.

Pourquoi pivoter ?

Parce que continuer tout droit mène au mieux à vivoter, au pire au mur.

Les marchés changent, les technologies accélèrent, les usages clients évoluent.
Parfois, il faut se disrupter soi-même pour ne pas être balayé.

2025 : l’année du pivot

Le pivot n’est pas une mode. C’est une nécessité stratégique pour survivre et grandir dans l’incertitude.

Il ne s’agit pas de tout casser.
Il s’agit d’être honnête :
« Puis-je encore scaler avec ce modèle ? »

Si la réponse est non, alors le travail seul ne changera rien : vous serez condamné à augmenter la masse salariale pour produire plus… et 100 + 1 ne fait jamais 101, mais 100,3.

7 signes qu’il faut changer de modèle

1. Le modèle économique plafonne

  • L’entreprise ne perd pas d’argent, mais ne décolle plus.
  • Elle commence parfois à en perdre.
  • Les coûts augmentent, la valeur perçue non.
  • La croissance ralentit ou stagne.

Déclic : le modèle ne permet plus de scaler.

2. Désalignement entre vision et modèle

  • La vision évolue.
  • Le modèle reste figé.

Déclic : le modèle freine l’ambition.

3. Les signaux faibles du marché changent

  • Clients qui changent de comportements.
  • Concurrents plus rapides.
  • Réglementation, technologie, distribution qui bougent.

Déclic : ce qui faisait gagner hier ne suffit plus.

4. Le modèle devient trop rigide

  • Impossible de tester sans casser l’existant.
  • Tarification rigide, production rigide, relation client figée.

Déclic : le modèle devient une prison.

5. Perte de sens ou d’engagement interne

  • Equipes qui décrochent.
  • Recrutements difficiles.
  • Turnover en hausse.

Déclic : le modèle ne génère plus d’énergie.

6. Un nouveau levier inattendu émerge

  • Une opportunité externe ou un nouvel usage client apparaît.

Déclic : parfois, on pivote pour amplifier ce qui marche.

7. Besoin d’indépendance ou de souveraineté

  • Trop de dépendance à un acteur, un segment, un canal.

Déclic : retrouver la maîtrise de son destin stratégique.

Dans la France qu’on veut, plus innovante, plus souveraine, ce sont les modèles économiques qui feront la différence.

Vincent Caltabellotta

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