Manager vient de l’anglais to manage, lui-même issu du français « manège » (pour les chevaux), provenant de l’italien maneggiare, hérité du latin manus, qui signifie « la main » et du suffixe « ggiare » qui implique une action.
Une origine riche de sens puisque la main, depuis toujours, est un symbole d’autorité, de confiance, de transmission.
Et si en analysant ces symboles, nous redécouvrions toutes les règles essentielles du management ?
Prenons donc toutes les symboliques de la main et transcrivons-les en management pour éclairer nos pratiques managériales.
1. Serrer la main = instaurer la confiance
Un des gestes universels les plus connus. En tendant la main, on se montre sans arme, on accepte l’autre.
En management, la confiance est le socle invisible de toute relation. Sans elle, pas d’adhésion, pas d’engagement.
Serrer la main, c’est aussi installer la rencontre et la collaboration.
2. Tendre la main = soutenir et accompagner
La main tendue incarne l’aide et la solidarité.
Le manager qui « tend la main » ne fait pas à la place de l’autre, mais accompagne, guide, sécurise.
C’est le geste de l’appui et de l’encouragement.
3. Lever la main = nombreux sens
Lever la main, c’est se signaler, demander une prise de parole, voter, prêter serment.
Autant de symboles qui inspirent présence, responsabilité et participation.
C’est aussi le salut militaire, l’engagement public, l’allégeance.
En management, cela symbolise l’acte fondateur du leadership : fédérer tout en respectant la place de chacun.
Et bien sûr : lever la main sur quelqu’un, symbole d’abus de pouvoir ou d’oppression.
Des comportements aujourd’hui condamnés socialement — et souvent juridiquement.
4. Manipuler = contrôler par la main
Le mot vient de manus (main) + plere (remplir).
Manipuler, c’est orienter, influencer, parfois tromper.
En management, c’est la tentation malsaine de tout contrôler.
Mais un leader moderne sait guider sans manipuler.
En revanche, il manipule dans le sens noble : façonner ses idées, structurer son équipe, donner forme à l’organisation.
5. Passer la main = déléguer et transmettre
La main qui passe, c’est celle du relais.
Elle symbolise la capacité à transmettre un projet, une mission, un rôle, un savoir.
Le bon manager sait quand il est temps de déléguer pour faire grandir son équipe.
6. Mettre la main à la pâte = s’impliquer
Quand un leader « met la main à la pâte », il montre l’exemple.
Il ne se contente pas d’ordonner : il s’implique et comprend le terrain.
A l’inverse, « mettre la main sur » exprime le contrôle excessif et le manque de lâcher-prise — néfaste pour le collectif comme pour le manager lui-même.
7. Avoir la main ouverte ou fermée = donner ou retenir
La main ouverte accueille, partage, donne.
La main fermée retient, contrôle, parfois étouffe.
Le leader doit trouver l’équilibre : être généreux sans se disperser, maîtriser sans enfermer.
8. Avancer main dans la main = coopérer et aligner
Deux mains qui s’unissent symbolisent l’esprit d’équipe, la solidarité et l’harmonie.
Un rappel simple : une équipe cohérente vaut souvent plus que la somme des talents individuels.
Le sens des mots nous donne le sens des choses
J’aurais pu en rajouter : les mains croisées de la prière, passer la main dans le dos pour amadouer, le poing de la victoire, la main tendue paume en avant pour dire STOP, etc.
L’étymologie de management et la symbolique de la main révèlent bien plus qu’une histoire de mots :
ce sont des valeurs fondamentales pour diriger.
Confiance, accompagnement, affirmation, transmission, justice, implication, équilibre, coopération…
Les mots ne sont pas neutres.
Ils nous enseignent, influencent nos comportements, éclairent notre leadership.
Et parfois, revenir à leur origine suffit à transformer notre manière de manager.
Vincent Caltabellotta








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